Guillaume Mary, architecture du souvenir

Guillaume Mary peint des paysages qui sont comme l'architecture d'un souvenir ou d'une obsession : ce sont des peintures synthétiques — synthétiques dans le sens où les formes qu'elles présentent sont ramenées à leurs lignes essentielles, dans le sens aussi où, le plus souvent, seules deux couleurs les composent, synthétiques enfin parce qu'elles subsument végétaux, chemins ou architectures dans un même type de gestes larges.
Cette économie de moyens est une résultante : celle d'un cheminement qui, par un travail complexe de mémoire et d'invention, condense, dans une même perspective, différents instantanés de la conscience. Ce processus commence par des peintures de très petit format qui tiennent lieu de maquettes et constituent un moment clé du travail. Il se poursuit par la préparation du fond (blanc ou de couleur), dans le format choisi. La surface colorée, chez Guillaume Mary, a un rôle très spécifique : elle définit l'espace, un peu à la manière du « templum » antique, ce tracé réalisé dans le ciel par l'augure, qui délimitait un espace sacré. Cette surface, dont la tonalité, ici, est souvent un peu étrange, comme non indexée sur celle des choses réelles, est la condition et le lieu, enfin, d'apparition du motif. Celui-ci naît d'une gestualité lente : tantôt le geste réduit le motif à quelques traits, tantôt il en recouvre la couleur du fond qui vibre alors à travers lui.
En arrière-plan de Station de montagne ou d'Hôtel seul, on pressent la rencontre, lointaine ou récente, réelle ou fictive, avec un lieu ou un moment intensément ressenti. On y reconnaît des motifs précis (rayons de soleil, éléments de remontée mécanique pour l'un, architecture avec escalier et fenêtres pour l'autre), décrits pourtant en grandes lignes abstraites qui indiquent des directions ou qui circonscrivent. C'est ce qui confère leur qualité unique à ces paysages, à la fois synthétiques mais non généraux ; abstraits, mais non dépersonnalisés ; structurés, mais dont les éléments sont agencés d'une manière qui n'obéit pas à l'espace euclidien.
Dans ce paradoxe se situe l'intensité de ces peintures : tout consiste à y isoler ce qui a fait la force de la rencontre ; à en capter la quintessence par un espace coloré longuement travaillé, qui rayonne à travers l'agencement des masses. À atteindre une certaine zone de la pensée, une zone de suspension où apparaît et se condense un symbole (comme ces éléments de remontée mécanique ou cet « hôtel seul »), dont la vibration est destinée à nous atteindre longtemps.

Anne Malherbe, 2018


Station de montagne - 2018 - Huile et acrylique sur toile - 200 x 160 cm

 

monographie

SURFACES

Art, Book, Magazine

Surfaces, une production Art, Book, Magazine, première monographie du peintre Guillaume Mary. Un livre tout en subtilité et en lumière qui, grâce à la qualité des écrans et des documents, met enfin en valeur un travail pictural difficile à reproduire. La peinture de Guillaume Mary procède par effacement, disparition, transparence. Entre abstraction et figuration, elle parcourt les frontières extérieures de ces territoires qui ont du mal à se superposer. Le châssis, la toile, le geste, le pigment restent bien là. Nous sommes dans une peinture réduite au minimum, et qui agit par un effet déstabilisant de simplicité et d'agrandissement des repères, comme des formes. Textes et entretiens de Nicola Marian Taylor et Paul Laurent complètent un ensemble d'œuvres et de documents pour aborder dans d'excellentes conditions un travail remarquable.



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documents

 

 


Interview

Nicola Marian Taylor


Un Dialogue avec Nicola Marian Taylor
A dialogue with Nicola Marian Taylor

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Surface du réel

Le 19, Centre régional d'art contemporain de Montbéliard


Il existe un désir profondément humain de fixer les souvenirs des moments précieux et des lieux qui ont marqué.

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Portrait d'atelier

Pascal Béjean


Pascal Béjean a realisé un portrait en atelier en 2012.

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Analphabète

Paul Laurent et Guillaume Mary


« Analphabète » répond à une invitation de Guillaume Mary, formulée lors de son exposition extérieurs à la Galerie Frédéric Lacroix à Paris.

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L'eau-deux la surface

Galerie Fernand Léger, Ivry sur Seine


Catalogue de l'exposition de Guillaume Mary et Françoise Roy
Avec l'aide de Bernard Point

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surface de la rivière

Paul Laurent


où est le fond ? À un certain moment, guillaume fait le vide sur la toile, progressivement...

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© Guillaume Mary 2020